Vendredi 20 août.—Le petit Houssaye, en dînant, ce soir, avec moi aux Ambassadeurs, constatait, avec une certaine amertume, l'amoindrissement de la gloire de Théophile Gautier, en train de disparaître sous la gloire de Flaubert.

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Jeudi 26 août.—Nous causons avec du Boisgobey, de la femme orientale, et du point d'honneur qu'elle mettait dans l'amour, à ne point paraître prendre de plaisir, à n'apporter qu'un corps inerte à son seigneur et maître. En effet, la phrase arabe dont elle se sert pour désigner la femme qui jouit: «Elle a un ver dans le derrière!» est une phrase renfermant un mépris, dont on ne peut donner l'idée.

Cette conversation avec du Boisgobey me rappelle la conversation d'un créole de mes amis, sur le même sujet.

Lui, n'aurait pas été heureux en Orient! car il trouvait une singulière et originale beauté au visage de toute femme qui jouit, même au visage de la dernière gadoue: beauté faite de je ne sais quoi qui vient à ses yeux, de raffinement que prennent les lignes de sa figure, de l'angélique qui y monte, du caractère presque sacré que revêt le visage des mourants, s'y voyant soudain, sous l'apparence de la petite mort.

Et cet ami me confiait que dans ces accès de pure bestialité d'autrefois, il était tout à coup irrité, oui, irrité contre cette spiritualité, cette divinité transfigurant le visage d'une sale bougresse, et qui lui donnait la tentation de l'aimer autrement que physiquement.

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Samedi 11 septembre.—Dans l'ÉDUCATION SENTIMENTALE, une merveilleuse scène que la visite de Mme Arnoux à Frédéric,—et la sublime scène que ce serait, si au lieu des phrases très joliment faites, mais des phrases de livres, comme celle-ci: «Mon cœur, comme de la poussière, se soulevait derrière vos pas!» c'était tout le temps de la langue parlée, de la véritable langue de l'amour.

Toutefois, il faut l'avouer, il y a une délicatesse dans cette scène tout à fait surprenante, pour ceux qui ont connu l'auteur.

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