Mais dans ses concerts de Londres, qui durent deux heures, et où il est le seul exécutant, c'est surtout la préoccupation, à un moment, de la perte de la mémoire, et, comme il le dit, d'un trou tout noir, se faisant dans le souvenir.
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Samedi 4 août.—Les jeunes gens, élevés à la campagne, et passant des heures à contempler le paysage, ou à regarder le bouchon flottant d'une ligne, gagnent à ce trop long contact avec la nature, un lazzaronisme, une torpeur, une paresse de l'esprit, qui les empêchent de faire quelque chose dans la vie. Pour avoir le goût fiévreux du travail et de la production, il faut presque toujours avoir grandi dans l'activité des capitales.
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Dimanche 19 août.—Une bonne d'une voisine a demandé, ces jours-ci, à sa maîtresse, d'aller chez son médecin. Mais la demande a été faite d'un air si extraordinaire, que la maîtresse a dit à une amie: «Je ne sais pas, mais il me semble qu'elle ne reviendra pas.» En effet elle ne revenait pas, et le lendemain elle envoyait de Mantes, une lettre où elle disait, qu'ayant perdu ses économies, elle allait se jeter à l'eau, et qu'elle ne s'était pas noyée à Paris, parce qu'elle ne voulait pas être exposée à la Morgue.
Deux jours après, sa maîtresse recevait une lettre d'un maire des environs de Mantes, qui lui demandait d'envoyer des parents, pour reconnaître la pauvre noyée.
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Mercredi 22 août.—Dîner à Saint-Gratien.
La princesse en attendant le dîner, déplore la diminution de 8 000 francs de rentes, dans le revenu des Jeunes filles Incurables, produite par la conversion de la rente.
Pichot parle de la représentation sur le théâtre d'Orange, où, dit-il, le remuement dans le feuillage des vrais arbres du théâtre, amené par le mistral, rendait la scène vivante.