* * * * *

Mardi 18 septembre.—Dans la pierre ancienne d'une vieille maison, se fait chez vous, un petit sentiment de jouissance très difficile à définir, mais parent du sentiment qu'on éprouve, en voyageant, dans un pays qui a un passé.

On parlait de Bulher, le dessinateur-paysagiste illustre, le créateur du parc d'ici. On le peignait désagréable de rapports, humoreux, despote, mais ayant une véritable conscience d'artiste. Il faisait les plus grandes difficultés pour dessiner un parc dans les départements du Nord, disant que sur ce ciel brumeux, le paysage ne se détachait pas. Il avait également une répulsion à travailler en Normandie, disant qu'il n'y avait rien à faire, en ce pays des pommiers, de ces affreux arbres, en ce pays où il pleut trois mois, et où le raisin ne mûrit pas, et déclarait ne faire son métier avec plaisir, qu'en Bourgogne et en Lorraine, où il trouvait le ciel le plus riant, en ces provinces qu'il appelait les: provinces du Soleil Levant.

* * * * *

Mercredi 19 septembre.—Rattier exprime aujourd'hui le regret de la perte d'une chose de famille, vraiment curieuse. C'était un carnet contenant les échantillons de dentelle, que son grand-père, fabricant de dentelles à Alençon, portait à la cour de Louis XVI, carnet qu'il croit avoir été volé par une femme de chambre allemande.

* * * * *

Dimanche 23 septembre.—Ragornote, un joli mot du pays pour exprimer un petit reste: Voulez-vous cette ragornote de truite, de framboise?

Un usage de l'endroit pratiqué, je crois, dans ce seul pays. Quand dans Lisle-en-Rigault, une jeune fille meurt, pendant quinze jours les jeunes filles prennent le deuil, et ne dansent pas. Il en est de même pour les jeunes garçons.

* * * * *

Mercredi 26 septembre.—Le cousin Marin, qui vient de chasser chez Chandon, me parlait de la grandeur des affaires de cette maison, où arrivait un Anglais, fameux dégustateur de vin de Champagne, qui, après avoir goûté un certain nombre de cuvées de vin de Champagne, s'arrêtait à une, disant: