Sur la tablette supérieure des bibliothèques, sont posés de petits bronzes japonais, dont les anses sont ingénieusement imaginées, d'après la figuration de crevettes arc-boutées contre le col; de tay, les poissons aimés par les gourmets de là-bas, en la remonte d'une cascade; de petits rameaux de courges avec les gourdes, au milieu de leurs feuilles trilobées. Il est un de ces vases, à la patine du vieil acajou, décoré du feuillage fleuri d'une tige de cognassier, comme tombée du vase. Un autre de ces petits bronzes est formé du découpage à jour de branchettes de cerisier s'entre-croisant; un autre, c'est l'imitation d'une bouteille d'osier treillissée; un autre, l'imitation d'une nasse, après laquelle montent des grenouilles.

Enfin, un bronze extraordinaire, comme fonte à cire perdue, et qui n'a plus rien de l'aspect dur et cassant du métal: une petite jardinière, où des flots de la mer qui font la décoration du fond, jaillit d'un côté la tête d'un dragon, de l'autre sa queue, un dragon aux barbillons dorés. Ce bronze porte: Fait par Tautchôsai Jukakou pour Shogakousai.

Et ce bronze repose sur un pied admirable, un morceau de bois plié à la façon d'une serviette, avec l'incrustation d'une grecque en argent sur les rebords, et, sur le plat, des poésies également incrustées en argent.

En fait d'objets chinois ou japonais, il y a encore sur les murs, deux panneaux de Coromandel, ces riches panneaux de paravents, à intailles coloriées, où des fleurs et des poissons ressortent si bien du noir glacé de la laque;—un bas-relief composé d'un bâton de commandement, en jade, posé sur un pied de bois de fer, admirablement sculpté;—une plaque de porcelaine ayant dû servir à la décoration d'un lit d'un grand personnage, une plaque de porcelaine de la famille verte, où les peintures de la porcelaine arrivent à la profondeur intense des colorations d'émaux, enchâssés dans le cuivre;—une grande sébile en bois (destinée à contenir des gâteaux secs), où un quartier de lune, fait d'une plaque d'argent, brille au milieu des aiguilles du noir branchage verticillé d'un sapin.

La cheminée porte, entre deux flambeaux d'émail de Saxe, une petite pendule du XVIIIe siècle, et se trouve surmontée d'une glace dans un cadre en bois doré du plus riche contournement, terminé par un cœur flamboyant, traversé de deux flèches enguirlandées de fleurettes.

Le fond de la pièce, en regard de la baie ouvrant sur l'autre chambre, est comme une chapelle à la mémoire de l'ami Gavarni, renfermant une réunion de ses plus beaux dessins. Là, est son VIRELOQUE, exécuté avec ce procédé d'un fusain fixé, lavé à grandes eaux colorées, et largement relevé de gouache: procédé donnant à une aquarelle, la solidité d'une peinture à l'huile.

Ce dessin capital a, comme pendant: My Husband, une composition de deux débardeurs, enlevée avec le même procédé, et au moins avec la même vigueur.

À côté de ces deux aquarelles, puissamment gouachées, une aquarelle de la plus grande limpidité, et du lavage le plus transparent, où une vieille portière dit à une autre:

Ce qu'y a de monde à Paris qui n'attendent pas que les arrondissements soient prêts, pour filer dans le 13e.—Ça fait frémir!

Puis un costume de théâtre pour Mlle Julienne, un costume aquarellé d'une femme de la campagne, avec l'indication en marge: chapeau de paille, ruban de chapeau, bonnet de batiste, manches de batiste.