«… Mais, ce n'est pas tout ce que me rapporta, le Père Félix. En 1860—eh, Mistral je me rendais justement chez toi!—à Lyon, je me trouve à court d'argent, j'offre à un journal un article sur mes contemporains, et je lui apporte un article, où, dans un portrait du Père Félix, je racontais ma mauvaise action. Ce portrait du Père Félix était accompagné d'un portrait de Rigolboche.

«Quand j'allai toucher mon article, je fus payé, mais le rédacteur me dit que je ferais bien de quitter Lyon, parce que des gens, ayant l'air de méchants garçons, indignés de cet amalgame du Père Félix avec Rigolboche, étaient venus demander mon adresse.»

Et dans le bruit des conversations, j'entends vaguement la fin de la monographie d'Adolphe Dumas, continuée par Mistral: Adolphe Dumas, ne cessant de répéter, en faisant allusion à la pauvre auberge de son père:

—Et cependant j'avais un grand-père qui portait des bas de soie!

—Quel était donc ton grand-père? lui demandait enfin, un jour, Mistral.

—Le capitaine Perrin, répondait avec fierté Adolphe Dumas.

Or, le capitaine Perrin aurait été ruiné, au dire de Mistral, par une fourniture d'ail de 300 000 francs à l'armée des Pyrénées-Orientales, qui lui fut payée en assignats, au moment, où les assignats n'avaient plus aucune valeur.

ANNÉE 1895

Mercredi 2 janvier.—Ce soir, une femme agitant un éventail en plumes blanches, que je lui ai donné, me disait cette phrase gentille, et comme seules les femmes savent en trouver: «Pour moi, les choses que vous me donnez, et que je pose sur une commode, ou que j'accroche au mur, ne me sont de rien, je n'aime que les choses qui me suivent, que je porte avec moi, que mes doigts peuvent toucher, comme cet éventail.»

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