Dimanche 4 juin.—C'est curieux, du Sardou, de l'Erckmann-Chatrian, du Bisson, du Moinaux, du n'importe qui, joué par la même troupe: ça paraît de la même qualité littéraire—et, le dirai-je, la même pièce.

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Mardi 6 juin.—Ici, avec le traitement, on n'a pas une parfaite conscience de soi-même. Il ne semble pas bien positivement qu'on soit l'individu qui était à Paris, il y a dix jours.

Je ne sais dans quel livre, illustré de Tony Johannot, un être fantastique, juché derrière un monsieur tranquillement assis, et sans qu'il s'en doute, le moins du monde, lui retire du haut du crâne mis à découvert, des cuillerées de cervelle. Cette image me donne un peu l'idée de l'effet produit par l'action de l'eau d'ici, sur l'intelligence.

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Jeudi 8 juin.—Hier, au moment ou j'étais arrivé aux jours, dans lesquels les médecins probabilisent une crise pour les buveurs d'eau, j'ai reçu une sommation d'un M. Faustin, armateur de la Rochelle, etc., etc., m'interdisant d'appeler ma pièce (la pièce que dernièrement les journaux ont annoncé que je tirais de mon roman de LA FAUSTIN) du nom de mon roman et ma principale actrice du nom de mon héroïne.

Voici ma réponse:

«Monsieur,

«Vous ignorez sans doute que j'ai publié, en 1882, sous le titre de LA FAUSTIN, une étude d'actrice tirée chez Charpentier à 16 000 exemplaires, republiée par Lemerre, et traduite en plusieurs langues, notamment en anglais, un roman enfin, jouissant en Europe, depuis douze ans, d'une certaine notoriété.

«Maintenant, je comprendrais votre réclamation, arrivant à son heure, si le nom de Faustin était la propriété exclusive de vous, monsieur, et de votre famille, mais il n'en est rien, indépendamment des Faustin de toutes professions qui peuvent exister en province, j'ouvre le Bottin de Paris et je trouve M. Faustin, fabricant de sacs de papier, 12, rue de la Ferronnerie.