—Gavarni, l'homme qui avait le moins de netteté dans l'écriture d'une idée, a donné les formules les plus concrètes, mais à la condition d'être enfermées dans la matrice d'une légende.
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10 janvier.—Le trouble, l'étourdissement, une espèce d'épouvante: voilà ce qu'aujourd'hui les foules produisent sur mon pauvre être nerveux.
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19 janvier.—Un médecin dit à l'hydrothérapie: «Le vieux Mabille, qui était un homme intelligent, me déclarait qu'il n'avait conservé son public, qu'en changeant, tous les sept ans, son jardin, ses décorations, ses promenades. En effet, ajoute-t-il, la période de sept ans correspond à une modification, à une révolution de l'homme et de ses goûts; voyez le jeune homme de quinze, de vingt-deux, de vingt-neuf ans…» On lui demande si Troppmann a été exécuté: «Oui, il doit l'être, car un marbrier, dont j'ai soigné la femme, il y a très longtemps, est venu chez moi, saoul comme un âne, et m'a dit que comme j'avais été gentil, sa femme me faisait offrir une fenêtre, qui faisait l'angle de la place… Le marchand de vin, au-dessous de lui, a vendu trois barriques de vin, dans la nuit d'avant-hier…»
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—Tous les jours, une partie de la journée à l'hydrothérapie, dans le petit pavillon de souffrance et de torture, où se mêlent au jaillissement de l'eau, au pscht cruel de la douche, les plaintes soupirantes, les petits cris suffoqués.
A travers le corridor, se croisant, des académies biscornues, mal enveloppées dans les peignoirs, et les demandes du médecin: «Comment avez-vous dormi?» et les réponses: «Mal!… Pas bien!»
Dans un coin de l'antichambre, faisant les bâtons avec son domestique, un petit abbé olivâtre, ressemble à un diable bâtonniste.
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