—Qu'est-ce qui en a?—reprit Anatole.

—Moi, je n'ai pas grand'chose,—dit l'un.

—Moi, rien,—dit l'autre.

—Alors ce sera Coriolis…—fit Anatole en s'adressant au plus grand, dont la mise élégante contrastait avec le débraillé des autres.

—Ah! mon cher, c'est bête… mais j'ai déjà mangé mon mois… je suis à sec… Il me reste à peine de quoi donner à la portière de Boissard pour la cotisation du punch…

—Quelle diable d'idée tu as eue de donner tout cet argent à ce curé!—dit à Anatole un garçon aux longs cheveux.

—Garnotelle, mon ami,—répondit Anatole,—vous avez de l'élévation dans le dessin… mais pas dans l'âme!… Messieurs, je vous offre à dîner chez Gourganson… J'ai l'œil… Par exemple, Coriolis, il ne faut pas t'attendre à y manger des pâtés de harengs de Calais truffés comme à ta société du vendredi…

Et se tournant vers celui qui avait dit n'avoir rien:

—Monsieur Chassagnol, j'espère que vous me ferez l'honneur…

On se mit en marche. Comme Garnotelle et Chassagnol étaient en avant, Coriolis dit à Anatole, en lui désignant le dos de Chassagnol: