Par contre, la bonne femme trouve encore la pêche d'où sort Momotaro, le conquérant du royaume des monstres.

En 1793 Hokousaï illustre Himpoukou riôdô dôtchûki, LA ROUTE DE LA RICHESSE ET DE LA PAUVRETÉ, un curieux livre dont le texte est de Kiôdén, et qui est, côte à côte, l'exposition de deux vies comme aimait à les représenter le peintre Hogarth.

La première planche représente le lavage de l'enfant pauvre par le père, près du lit de la femme couchée, tandis que la planche, en contre-partie, nous montre le lavage de l'enfant riche sous les yeux du médecin, de la sage-femme, des servantes.

Arrive pour le jeune riche et le jeune pauvre, à quinze ans, le guén boukou, la majorité, l'entrée dans la vie de l'homme, indiquée là-bas par le rasement du front et qui, chez le riche, est fait par un grand personnage, chez le pauvre par sa mère.

Et ici commencent vraiment les deux routes: la route du riche dans son norimon au milieu de ses serviteurs, la route du pauvre où il est tout seul et mal vêtu sous la pluie; la route du riche dans des paysages d'arbres à fleurs, tenant sa pensée dans les beautés de la peinture, la route du pauvre dans des paysages désolés, au milieu des montagnes, comme cette montagne près de Kiôto où les excavations forment comme le mot père, près de rochers comme ceux d'Isé, semblables aux mamelles desséchées de la mère du pauvre, peuplant sa pensée du souvenir de leurs privations.

Et les allégories continuent. C'est pour le riche la réception dans une auberge par de charmantes mousmés avec, dans le lointain, des lignes de paysages formant ainsi que des armoiries des femmes du Yoshiwara, tandis que le pauvre, qui est entré dans le commerce, passe sur un pont qui est un soroban (une machine à compter), se trouve sous des temples aux tours faites de pièces de monnaie, près d'une pagode au toit couvert d'un livre de caisse, et fait la rude route de sa vie en allumant le bout de ses ongles, ce qui veut dire en japonais: en supportant d'atroces souffrances.

Et, à la fin des deux routes, le pauvre devenu riche, monté sur un cheval traîné par un singe,—la volonté menée par l'intelligence,—rencontre tout dépenaillé le riche honteux de se trouver sur son chemin, tandis que disparaissent dans le lointain, sous des haillons de mendiants, deux de ses familiers au temps de sa richesse.

Et, comme apothéose du pauvre, la dernière planche le montre adossé à des caisses d'or surmontées de bouteilles de saké.

En 1794 Hokousaï, sous le nom de Tokitarô Kakô, illustre Mousoumé no Tomo zouna, LE CORDON D'UNE FILLE, petit livre dont le texte est de Kiorori.

Une histoire assez obscure, où se voit une jeune fille achetant un journal dont la lecture lui fait quitter la maison qu'elle habite, après avoir laissé une lettre qui met en larmes l'homme et la femme de la maison. En route, elle est attaquée par de mauvais samouraïs, et délivrée par un passant qui lui donne l'hospitalité. Elle serait partie dans l'idée de venger son père qui aurait été assassiné. Puis, au moment où elle va tuer l'assassin, elle apprend qu'il est le père de son sauveur, amoureux d'elle. Et Hokousaï la représente lâchant sa chevelure qu'elle tient dans sa main, prête à le tuer, et se contentant de lui faire perdre sa qualité de guerrier.