De cette pension Nittis se rappelait une scène qui lui avait fait grand'peur. Il se voyait dans une chambre entouré de petites filles; et de la cheminée sortait une vieille femme, une vieille fée, qui avait un piment, tout rouge dans sa bouche, sans doute pour faire croire à du feu, à de la flamme, et la vieille qui était une fillette, travestie, se faisait amener le petit poltron, et lui mettait des bonbons dans la main.
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————Expression d'un marchand d'eau-de-vie artiste: «Oui, c'est de l'eau-de-vie… mais pas de l'eau-de-vie qui donne chaud sous les ongles.»
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Vendredi 9 février.—Zola disait hier chez Daudet «que nous avions un malheur… que nous avions trop besoin de nous faire plaisir… qu'il fallait, que la page que nous écrivions, nous donnât aussitôt, après sa fabrication, le petit bonheur d'une harmonie, d'un tour, d'un orné, auquel nous sommes habitués dès l'enfance.»
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————M…, un modiste de filles, déclarait qu'il n'habillait pas les femmes du monde, parce qu'elles manquaient de conversation.
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Vendredi 16 février.—Ce soir, au milieu de paroles vides et baveuses, un homme politique dit, que les seules salles à manger à Paris, où mangeaient des hommes d'État de l'étranger, et dont les maîtres de maison avaient tiré une force et une puissance extraordinaires: c'étaient les salles à manger de Girardin et de Gambetta.
Il attribuait aux déjeuners de Gambetta, dont les invitations happaient tout homme de marque, descendu dans un hôtel de Paris, il attribuait sa popularité en Europe, une popularité au delà des frontières, comme aucun Français n'en avait jamais eue, et il proclamait que c'était par ces déjeuners, qu'il était entré en relations intimes avec les membres des Parlements d'Angleterre, d'Italie, de Hongrie, de Grèce.