Vanloo. «Vie de Jean-Baptiste Vanloo, professeur de l'Académie royale de peinture et de sculpture, par M. Dandré-Bardon, recteur. Paris, Louis Cellot, 1779.»
Vanloo. «Description d'un tableau représentant le sacrifice d'Iphigénie par Carle Vanloo (par Caylus). Paris, Duchesne, 1757.»
Wailly. «Notice historique sur Charles de Wailly, architecte... Lue à la séance publique de la Société philotechnique, le 20 brumaire an VII, par Joseph Lavallée. De l'imprimerie de la Société des amis des arts, an VII.»
Wille fils. Une supplique à la duchesse d'Angoulême, en date du 9 janvier 1825, du malheureux peintre, âgé de 73 ans, ayant perdu, aux mauvais jours de la Révolution, la fortune amassée par son père, et incapable de payer la pension à Charenton de sa femme, devenue folle.
Nous terminerons cette étude des livres d'art, par une énumération des livres concernant la curiosité et une revue des catalogues de vente du xviiie siècle.
Et d'abord un petit livre rarissime, qui mérite d'ouvrir le chapitre de la curiosité: Relation en forme de lettre, sur les dépenses suggérées par un goût outré pour des curiosités passagères, ou par une passion désordonnée pour différents genres de compilations. Terminée par un expédient de bienfaisance[72]. C'est une facétie passant en revue les goûts et les manies du temps. On y rencontre le collectionneur de médailles, le collectionneur de coquilles dont les cabinets étaient si nombreux à cette époque; le collectionneur d'estampes «qui a enfoui 40,000 écus dans l'obscurité de 60 portefeuilles»; le collectionneur de partitions de musique, qui possède tous les divertissements, cantates, cantatilles, recueils de chansons, sonates, concertos, duos, solos, enfin tout ce qui a été imprimé ou gravé en fait de musique, depuis quarante ans; le collectionneur de biscuits et de terres cuites représentant tous les amours et les savoyards, les nymphes et les vielleuses, et qui échangerait l'Andromède du Puget, pour les statuettes de Manelli, de la Tonnelli, ou de quelque virtuose du boulevard; le collectionneur d'argenterie et de boîtes baroques, demandant, tous les jours, un renouvellement de la forme, et dont l'opulence inquiète ne veut pas se contenter de l'orfèvrerie de Balin et du vieux Germain, de la bijouterie de Georges; le collectionneur de tentures de la Chine, qui se défait de ses tapisseries de Flandres, de Beauvais, des Gobelins, pour se procurer «les extravagantes beautés des peintres chinois». Mais de tous ces amateurs le type le plus passionné est une collectionneuse de porcelaines, qui, après avoir donné dans la Chine et le Japon, dégoûtée par l'avilissement apporté à ces porcelaines par les envois de la Compagnie des Indes, s'est jetée dans le Saxe, et après avoir dit que l'argenterie n'est bonne que pour des commis, des vieux militaires, s'écrie: «J'avoue que le Saxe coûte un peu cher... Mais aussi j'ai huit services de tables complets, indépendamment de ce que j'ai déboursé pour faire remonter en Saxe mes glaces, mes lustres, mes pendules, ma toilette et ma garde-robe. En vérité, j'ai une passion pour le Saxe qui va jusqu'à l'adoration. Enfin je suis Saxe des pieds jusqu'à la tête..... Il n'y a pas jusqu'à mon almanach et mes livres de piété qui ne soient reliés en Saxe.»
A cette brochure il faut joindre: «Réflexions sur la peinture et la gravure, accompagnées d'une courte dissertation sur le commerce de la curiosité et les ventes en général, par Joullain fils aîné, 1786»; «le Répertoire des tableaux, dessins et estampes, ouvrage utile aux amateurs, 1788»; et parmi les livres modernes, le Livre-Journal de Lazare Duvaux, marchand bijoutier ordinaire du Roi, qui contient, de 1748 à 1758, les achats des jolités et bibelots de tous les curieux et les curieuses du temps: livres parmi lesquels doit prendre sa place: «la Confession publique du brocanteur, Amsterdam, 1776», brochurette où le sieur Ferre-la-Mule, au moment de mourir dans une tempête, confesse tous les trucs des marchands de tableaux du temps, trucs bien innocents, quand on les compare à ceux des marchands de tableaux contemporains.
Maintenant, faisons le dénombrement des catalogues originaux.
Sur deux planches, rangés par ordre de dates, se succèdent tous ces petits et gros catalogues de vente, montrant, en une sorte d'obituaire des amateurs et des artistes du xviiie siècle, le passage aux enchères, depuis le règne de Louis XV jusqu'à la Révolution, de tout le joli et exquis mobilier d'art du temps: pauvres petites brochurettes autrefois si méprisées, et dont, en face l'Institut, j'ai vu remplie toute une boîte de bouquiniste à 20 centimes, et dans laquelle j'ai acheté le catalogue de Boucher, et dans laquelle se trouvait, au même prix, celui du peintre de Troy, ce catalogue qui vient de se vendre 1,000 francs à la vente de M. Reiset.
Le catalogue sommaire des dessins de grands maîtres d'Italie, des Pays-Bas, de France... du cabinet de feu M. Crozat (1741), la plus extraordinaire collection de dessins qui fut jamais, et composée des dessins de Jabach qui n'avaient pas été cédés au Roi, des dessins de M. de la Noue, l'un des plus grands curieux de France, des dessins que mademoiselle Stella avait trouvés dans la succession de son oncle, des dessins provenant des débris de la collection Vasari, des dessins des Carrache achetés aux héritiers de Pierre Mignard, d'une partie considérable de dessins de Raphaël, découverts par le collectionneur à Urbin, des dessins de Rubens sortant du cabinet d'Antoine Triest, évêque de Gand, des dessins provenant des ventes de milord Sommers à Londres et de Van der Schilling à Amsterdam.