En réunissant le dernier chiffre ci-dessus de 1,544,500 francs, représentant la valeur des déchets de soie, avec celui de 7,505,000 francs montant des grèges, la valeur approximative des produits soyeux du vilayet de Hudavendighiar exportés pour la France durant la campagne 1880-81 atteint le total général de 9,049,500 francs.

Cette somme, qu’il faut considérer comme le produit des récoltes moyennes que la province a eues depuis 1864, n’arrive même pas au total obtenu cette année-là, lequel était de 12,076,400 francs contre 28,178,400 francs en 1855.


Il n’est pas superflu de faire ressortir ici qu’en vue d’établir une comparaison, aussi précise que possible, entre les résultats de ces diverses périodes séricicoles, c’est le prix fixe de 62 fr. 80 par kilog. de soie grège qui a uniformément servi de base d’estimation aux produits de 1855, 1864 et 1880. Or, comme, dans ce laps de temps de vingt-cinq années, la soie écrue a passé par tous les prix, depuis 50 jusqu’à 145 francs le kilog., les valeurs énumérées ci-dessus ont pu, selon les fluctuations du cours de la grège, doubler en faveur de certaines campagnes séricicoles, ou subir une diminution au désavantage de certaines autres années ; mais il reste bien établi que la moins-value constatée dans les résultats depuis 1855 n’a jamais cessé d’exister dans les mêmes proportions que celles indiquées ci-dessus, puisque cette moins-value repose sur la diminution matérielle des récoltes[9].

[9] Rapport à de M. Grégoire Bay. Ce rapport, en raison de la compétence spéciale de son auteur, est le plus complet qui ait encore été adressé au département des affaires étrangères sur l’industrie de la soie à Brousse.

V
AVANTAGES QUE PRÉSENTERAIT LA CRÉATION D’UNE CONDITION DES SOIES A BROUSSE

Il arrive très fréquemment que des contestations surgissent entre certains fabricants de soie et les maisons avec lesquelles ils sont en relations commerciales à Londres, Nottingham, Lyon, Marseille, Paris.

Ces contestations sont assez généralement motivées par un déficit de poids qu’accusent les balles expédiées en France et en Angleterre.

Ce déficit doit-il être attribué ou à l’humidité de la soie à son départ de Brousse, ou à une soustraction qui aurait été opérée pendant le trajet, ou à toute autre cause, c’est ce qu’il est assez difficile et délicat de déterminer exactement.