TOMBEAU DE MEHMED Ier
à Brousse.
Quoi qu’il en soit, il n’en est pas moins certain que malheureusement les contestations entre vendeurs et acheteurs sont fréquentes.
Il conviendrait donc, dans l’intérêt général du commerce français avec Brousse et le vilayet de Hudavendighiar :
1o Ou d’instituer à Brousse une Condition publique des soies placée sous le patronage exclusif du gouvernement français et dont on obtiendrait le privilège par firman impérial, ce à quoi la France peut et doit prétendre étant presque exclusivement intéressée dans ce commerce ;
2o Ou d’établir un système mettant à même le Vice-Consulat de France à Brousse de délivrer aux expéditeurs des certificats spéciaux d’expédition pouvant avoir pleine créance sur les places françaises.
Dans les deux cas la question paraît devoir être résolue. Il s’agit donc d’appliquer le mode qui conviendrait le mieux.
La première initiative créerait en Asie un établissement essentiellement français. C’est là un point de vue de la question qu’il ne faut pas dédaigner si l’on tient compte des progrès commerciaux incessants que les Anglais et les Américains font en Asie-Mineure, progrès commerciaux habilement dissimulés sous couleur de propagande religieuse.
Il serait même très intéressant à ce sujet d’établir un parallèle entre les résultats pratiques que la France recueille actuellement de sa longue tradition de protection des intérêts chrétiens en Levant et les résultats déjà obtenus par les missions protestantes anglaises et américaines, missions peu anciennes d’ailleurs. On verrait ceci ; c’est que les missions étrangères ne se servent, en Orient, des intérêts religieux que pour ouvrir des débouchés au commerce de leurs pays, et que la protection séculaire des intérêts chrétiens en Levant, si elle ne ferme pas précisément à la France des débouchés commerciaux, n’est pas employée à lui en créer de nouveaux.
Pour en revenir à la question principale, nous répétons que si une Condition publique des soies était créée à Brousse elle aurait tout d’abord l’avantage d’être un établissement essentiellement français. Elle aurait également un autre avantage. Elle pourrait chercher à propager à Brousse les graines de vers à soie de reproduction française et fournirait aux Chambres de commerce françaises des données techniques sinon statistiques sur les récoltes soyeuses du pays.