Cet établissement subsisterait par les taxes de conditionnement des mille balles de soie produites annuellement par les deux villes de Brousse et de Bilédjik, balles qui toutes auraient incontestablement avantage à passer par la condition des soies.
On établirait un tarif ad hoc et naturellement plus élevé que les tarifs de conditionnement en France. L’intérêt que les négociants d’Asie trouveraient à faire conditionner leur soie avant l’expédition est un sûr garant de la faveur qui accueillerait l’établissement que nous préconisons.
Si la seconde initiative seule était adoptée, les certificats spéciaux d’expédition que délivrerait le Vice-Consulat pourraient être basés, ou sur une attestation émanant de l’administration des contributions indirectes du pays, constatant que telle balle contient tant d’ocques, tant de flottes, ou sur la vérification officielle faite au consulat même sur des bascules de précision.
L’une ou l’autre de ces institutions serait bien vue par les industriels de Brousse. Tous, croyons-nous, souscriraient à l’idée de l’établissement par la France d’une Condition publique des soies.
Si l’intérêt du Trésor doit entrer ici en ligne de compte il faut observer que si l’une de ces idées était adoptée les recettes du Vice-Consulat au lieu de se tenir dans une moyenne annuelle de cinq à six cents francs s’élèveraient immédiatement à douze ou quinze mille francs au minimum[10].
[10] Rapport de M. E. Dutemple, vice-consul de France à Brousse, décembre 1880.
CHAPITRE III
LES TAPIS DE SMYRNE
Procédés de fabrication. — Les maisons de Ouchak. — Les prix moyens. — Le commerce général. — Les dessins. — Les tapis de Gheurdès et de Koula.
I
PROCÉDÉS DE FABRICATION
Les tapis turcs, connus sous le nom de tapis de Smyrne, se fabriquent dans toute l’Anatolie, mais principalement dans trois villes : Ouchak, Gheurdès et Koula, qui donnent chacune à leurs produits un cachet particulier.