Les puits d’extraction. — Les mineurs. — Un consul persan en tournée. — Les blocs bruts. — Le séchage. — Le triage. — L’emballage. — Prix de vente. — Impôts et redevances. — Tracasseries administratives.

Les plus beaux gisements du minéral connu dans le commerce sous le nom d’écume de mer se trouvent à une distance de huit heures au Sud-Est de la ville d’Eski-Cheir.

Il serait difficile de déterminer l’étendue exacte des lieux où se trouvent les gisements d’écume de mer. Cette étendue est assez considérable si on l’apprécie par la quantité de puits qui existent, ceux que l’on creuse encore, et par la distance qui les sépare. Les principaux emplacements exploités sont, en effet, Sepetyi Odjaghi et Kemidkdji Odjaghi, et se trouvent à une distance de trois heures l’un de l’autre, c’est-à-dire environ quatre lieues.


On extrait l’écume de mer de la même manière que la houille. On creuse des puits dont la profondeur varie de huit mètres jusqu’à quarante mètres quelquefois. Aussitôt que les mineurs ont trouvé la veine, ils pratiquent des galeries horizontales qui souvent s’étendent fort loin. Il y a à Eski-Cheir peu de puits qui renferment plus de deux galeries.

Quelques-unes de ces galeries renferment jusqu’à quarante mineurs.


La population minière est composée pour la majeure partie de sujets persans, et elle est bien loin de présenter des garanties de moralité et de sécurité. Pour en donner une preuve citons ce fait, qu’il est arrivé plusieurs fois que des touristes, des curieux ou même des négociants qui s’étaient aventurés dans l’intérieur de quelques mines n’ont pu revoir le ciel que moyennant une forte rançon.

Le consul de Perse, en vertu de traités entre la cour de Téhéran et la Sublime Porte, a pleine autorité sur ses sujets qui travaillent aux mines. D’ordinaire il fait une visite par an aux puits d’Eski-Cheir, mais prudemment accompagné par ses cawas tous bien armés et dont le nombre est doublé pour la circonstance. Là, au nom de son maître le padischah de toutes les Perses, il prélève un impôt sur les mineurs. Si ceux-ci résistent, en vertu de ses pouvoirs, le consul les fait attacher à un poteau et leur fait donner, sous ses yeux, la bastonnade jusqu’à ce que les plus récalcitrants s’exécutent. Ces rentrées extraordinaires et forcées constituent d’ailleurs le plus clair des revenus du consul persan.