Malgré la richesse de ses mines, le sandjak d’Eski-Cheir ne renferme qu’une population pauvre et misérable. La raison en est dans la paresse invétérée et incurable des habitants. Ce n’est que pressé par le besoin que le travailleur descend dans la mine : aussitôt qu’il a recueilli quelques blocs il s’empresse de remonter, de vendre à n’importe quel prix ces blocs et de vivre avec le produit. Puis quand il a tout dépensé il recommence la même opération, sans songer un seul instant à l’épargne.
La pierre à sa sortie du puits s’appelle Ham tach, bloc brut. Elle est molle à ce point qu’on peut la tailler facilement avec un canif. Sa couleur est blanche tirant cependant légèrement sur une teinte jaunâtre. Le bloc est recouvert d’une terre végétale rouge et grasse de l’épaisseur d’un doigt environ.
Les blocs dans cet état sont achetés immédiatement par les marchands qui se trouvent sur les lieux d’extraction.
Ces achats ne se font ni aux poids ni aux mesures légales, mais d’après une quantité déterminée approximativement d’après les usages établis. Cela s’appelle trois sacs pleins, utch dolou tchouval, ou encore bir araba dolusu, c’est-à-dire la quantité que peut contenir une petite charrette de cultivateur.
Le prix de cette mesure varie de 500 à 3,000 piastres selon la qualité.
Les blocs bruts, ham tach, sont ensuite séchés et subissent certaines préparations avant d’être transportés à Eski-Cheir.
Le volume de ces pierres est très varié. Il y en a de la grosseur d’une noix ; il y en a aussi qui dépassent quelquefois un pied cube. Leur forme est en général très irrégulière. Les plus recherchées et les plus rares sont celles dont l’aspect est le plus régulier et le volume le plus considérable.
Le travail qu’exigent ces blocs bruts avant de pouvoir être livrés à l’exportation est long et coûteux.