L’opium rend annuellement dans le vilayet de Hudavendighiar environ 145,000 ocques qui se répartissent ainsi : Kara-Hissar 75,000, Balikessir 30,000, Kutahia 30,000, Brousse 10,000.

Le pavot qui donne l’opium se sème au mois d’octobre ; à la fin de novembre, la plante ayant déjà un demi-pied de hauteur supporte aisément les froids de l’hiver ; le soleil du printemps la fait pousser rapidement, et elle arrive à sa pleine maturité au mois de juillet.

Après la floraison, on pratique une incision à la tête du pavot et on la laisse suinter pendant trente-six heures. La liqueur laiteuse qui en découle, recueillie sur une large feuille de la plante, se coagule puis se façonne en petits pains : c’est la forme sous laquelle elle paraît sur les marchés.

Le pavot croît à l’état sauvage, mais il est soumis également à une culture réglée ; cette culture est très coûteuse. On prétend que la plante est très épuisante et qu’elle appauvrit le sol.

Quand les têtes du pavot sont sèches on les brise pour recueillir la graine ; une partie est réservée pour semence, une autre partie sert à la fabrication d’une huile consommée dans le pays ; le surplus s’expédie à l’étranger.

L’opium est acheté surtout sur la place de Smyrne. La première qualité formant les trois quarts de la récolte est fournie par les cazas de Smyrne et d’Ouchak ; la deuxième qualité par les cazas de Kutahia, Kara-Hissar et Brousse.


La demande extraordinaire d’opium, pour la Chine, survenue il y a une vingtaine d’années, à la suite de la révolte des Indes, a encouragé la culture du pavot et elle a constamment progressé depuis. Le prix moyen de l’opium est de 45 à 50 francs le kilogramme.

L’opium de Smyrne est en pains. Il est très apprécié par le commerce, parce qu’il contient de 10 à 12 pour 100 de morphine.

L’exportation de l’opium de Smyrne se fait surtout pour l’Angleterre et la Hollande. Les demandes des États-Unis, qui autrefois étaient très considérables, après avoir presque entièrement cessé à la suite de la guerre de Sécession, commencent à reprendre dans une certaine proportion.