Un mois se passe. On retourne chez le mufettich, qui vous renvoie au président de la commission d’exécution.

— L’ordre du ministre est arrivé.

— Enfin !

— Oui, mais nous l’examinons. Ce n’est pas un ordre conçu en termes assez formels. Il y a quelque doute. Attendez !

On envoie à tous les diables le président de cette commission d’inexécution. On retourne chez le mufettich.

— Je n’y puis rien. Le président a sa responsabilité, j’ai aussi la mienne à couvrir. Mais pour vous être agréable, je vais de nouveau écrire au ministre de la justice. Nous saurons peut-être si l’ordre envoyé est absolument formel ou si il laisse quelque chose à notre appréciation et à notre initiative… etc…! Revenez…! à bientôt…!

Le tout avec force formules de politesse.

Et cela peut durer ainsi des années !

Que surtout on ne crie pas à l’invraisemblance. Cette historiette n’est pas une simple hypothèse. C’est un fait vrai, nullement exagéré. Le malheureux Européen que nous venons de citer se promène depuis des années, ses jugements à la main, sans pouvoir les faire exécuter. Cela constituera peut-être plus tard la plus belle partie de l’actif de sa succession.

Autre affaire :