Quand ces cocons arrivent au khan après un long trajet, il n’est pas rare d’en trouver ainsi troués en assez grande quantité, et de voir les papillons qui en sont sortis vaguer parmi les cocons pleins.
La première chose à faire, après la livraison, c’est de tuer les chrysalides dans les cocons, avant qu’elles se transforment en papillons et les gâtent. On transporte donc les cocons à l’étouffoir dans des espèces de plateaux creux qu’on dispose sur le rayon de l’appareil, lequel consiste en un châssis mobile à étagères, posé sur des roues, à l’intérieur duquel, lorsque la porte est fermée, on introduit un jet de vapeur. Dans le milieu de la porte est percée une espèce de judas, au-dessus duquel se trouve un thermomètre dont le réservoir est en communication avec l’intérieur de l’étouffoir.
Les plateaux remplis de cocons sont placés sur les rayons du châssis, qui, lorsqu’il est complètement garni, peut en contenir environ 2,000 ocques. La porte est alors fermée et le jet de vapeur admis à l’intérieur au moyen d’un robinet que l’on tourne ; un surveillant, consultant alternativement et sa montre et le thermomètre, détourne la vapeur et, au bout de trois minutes, ouvre le judas, puis, au moyen d’une paire de ciseaux, saisit l’un des cocons ; il l’ouvre, en retire la chrysalide, et, en la piquant de la pointe de ses ciseaux, s’assure qu’elle est morte. Si elle ne l’est pas, une demi-minute de plus d’exposition à la vapeur complétera l’opération ; si elle l’est, le surveillant ne pousse pas plus loin ses investigations : l’étouffoir est vidé, et une nouvelle fournée vient remplacer celle qui a subi l’opération.
En sortant de l’étouffoir, les cocons sont étendus à l’ombre, pour y refroidir et y sécher, après quoi on les remet aux trieuses qui les assortissent par qualités.
Les cocons sont généralement d’un beau jaune verdâtre ; mais il y en a aussi beaucoup de blancs, et, parmi les blancs, un certain nombre ont une teinte rosée d’une grande délicatesse.
Une fois assortis, ils sont remis dans des sacs, pesés et portés aux dévideuses.
Les ateliers de dévidage consistent en de vastes salles très élevées, traversées par deux rangées d’ouvrières, une de chaque côté. Elles sont assises devant une longue table. Devant elles est une bassine peu profonde, et elles tournent le dos aux dévidoirs mus par la vapeur.