—C'est comme ça. N'y a plus rien à faire.
—Mais, dites? Le mal, vous le donnez à d'autres?
—Vous êtes bête! Puisqu'ils vont mourir...
Elle rit, il rit; elle ajouta:
—Par le fait, je suis en prison, comme eux: ils n'ont plus que moi, je n'ai plus qu'eux. Voilà.
Elle ne riait plus. Ils se turent encore un instant, et elle reprit:
—Je suis venue pour dormir avec vous. Voilà.
Il se gratta la tête, un peu en arrière de l'oreille droite; elle n'ignorait pas que ce geste est, parmi les chats, une annonce de pluie, et, chez les hommes, un signe d'indécision.
—Embrassez-moi, dit-elle; ça vous distraira.
—Avec bien du plaisir, je vous embrasserai, parce que vous êtes une bonne créature. Quant au reste, pour tout dire, moi aussi, il n'y a plus moyen.