—C'est ta faute! Je ne gagnerai plus mon pain!
Feignant d'être toujours aveugle, il se rapprochait du tronçon d'homme, et il lui marchait sur les doigts, par mégarde.
—C'est ta faute!
Noiraud, indigné, le mordit.
—C'est ta faute!
Et Dieudonat songeait:
—Hélas, oui, c'est ma faute, et plus encore qu'il ne pense; tout de même, je voudrais bien ne plus entendre ça...
—C'est ta faute!
—Tout est de ma faute, toujours, excepté cependant le sort du pauvre Calame, qui a fait son malheur lui-même; et c'est un peu curieux que la seule créature pour laquelle je n'ai rien tenté soit aussi à plaindre que les autres...
L'invisible Noiraud lui poussait sous la main son crâne oblong à bosse unique; en souriant il caressait cette boîte tiède, qu'il sentait toute emplie d'amour, et une idée de chien lui entrait par les doigts: «Non, ce n'est pas ta faute, il ne faut pas les croire, il ne faut pas te croire. Le malheur vient tout seul et tu n'y es pour rien.»