—Retournez dans votre cellule. Vous ne lirez plus!

—Je ne veux plus lire, en effet; je croyais même vous l'avoir déclaré, étant venu tout exprès pour cela. Car j'ai aperçu vos maçons, mon père, et ils travaillent! Or, après tant d'années perdues, je souhaiterais maintenant de m'adonner, moi aussi, à une besogne réelle, si humble qu'elle fût. Vous êtes irrité contre moi, mon père, et je ne le serais pas moins que vous si les appréciations de mon esprit relevaient de ma volonté, au lieu de s'imposer à elle, comme elles font et doivent faire. Daignez me croire: le seul rôle auquel j'aspire est de me rendre utile un peu. Envoyez-moi parmi ces maçons que j'envie, que j'admire.

—Monseigneur vous a interdit tout contact avec le dehors: ses ordres sont formels.

—Alors, mon père, trouvez-moi une tâche au dedans, une vraie tâche, qui serve à mes pareils, je vous en supplie, mon père.

—J'y réfléchirai, et, lorsque j'aurai pris l'assentiment de Monseigneur, nous aviserons. Allez.

Le prince regagna sa cellule, avec la satisfaction d'un homme qui vient décidément de prendre le meilleur parti.

Il ferma tous ses livres, les salua poliment, les remercia, et leur dit adieu.

Un moine vint les prendre en silence.