Pour qu'il se retourne, je tousse.

Il sursaute, pivote, et je vois la face de l'homme que je tuerai, mais dont je vais devenir l'ami, d'abord, pour le tuer à mon aise…

*
* *

Gestes prévus : tout de suite, il a saisi son revolver dans la poche de sa veste.

— Ami! Je suis avec vous. Ne craignez rien de moi.

J'ai parlé à voix basse, et, pendant qu'il hésite, j'ajoute, à voix plus basse encore :

— Un coup de feu, on vient, vous êtes pris!… Silence, et je vous sauve! Sur la tête de mon enfant, je jure que je vais vous tirer d'ici.

Certes, l'accent de ma parole devait être convaincant : jamais je n'ai prêté un serment plus sincère que celui-là! Pourtant l'homme se méfiait, et j'ignore ce qui serait advenu sans les pas et les cris qui envahirent le corridor, au-dessous de nous.

La fuite en avant est barrée ; en arrière, je coupe la retraite.

— Avec moi, vous passerez. Confiez-vous, ne parlez pas. Laissez-moi marcher le premier.