— Tu peux le dire, mais tu n'as pas vu la merveille!

— Vraiment?

— Mon laboratoire… Viens.

Il fit jouer les puissantes serrures d'une porte : au grincement des pennes, le cœur me sautait de joie.

— Ceci, c'est l'antichambre, tu comprends? pour m'isoler mieux.

— Oui.

— Prends garde : il y a huit marches à descendre. Ça glisse.

Ce vestibule ne mesurait guère que quatre mètres de large ; dans le mur qui nous faisait face, Blasquez ouvrit sa dernière porte : une pièce immense apparut.

— Voilà mon antre!

Sur des étagères, un arsenal de chimiste brillait, métal et verrerie ; trois tables chargées d'appareils, deux tabourets, deux chaises, un lit de sangle composaient le mobilier de l'« antre » ; un fatras de bibelots et de brochures encombrait les coins ; le sol était dallé, et l'industrieux propriétaire me fit admirer la combinaison de deux bouches ouvertes, l'une à ras de terre et l'autre au sommet du plafond, pour le renouvellement de l'air, qu'en effet je trouvais parfaitement respirable ; sur bien d'autres beautés encore, il attira mon attention, et sur la sécurité de cette retraite, sur le silence de son éloignement. Je ne l'écoutais guère, ayant, du premier coup d'œil, perçu ces avantages que j'exploitais par anticipation.