—On me croira le pacha de Turquie, avec tout ça de femelles dans mon bateau!

—On reviendra qu’avec le flot, vous savez, mère Guillou.

—Sûr! on veut tout voir et s’en donner, pour une fois.

—Moi, dit Katic, j’irai sur les chevaux de bois!

—Et dans la baraque aux saltimbanques, qui sont si rigolos; on se tord rien qu’à les regarder.

—Fiden-doué, on va rire!

—Oui, mais, fit Scolastique, vous boirez pas, hein? On veut pas se voir avec des hommes soûls.

Pour commencer la fête, la mère Guillou offrit le café. Chacune comme chacun avait apporté sous le bras, en un petit paquet, ses provisions pour la journée, du pain beurré avec du lard ou de l’andouille. Lekor, s’étant chargé de la boisson, achetait à la vieille douze litres de cidre, et craignait que ce fût trop peu; une gourde en peau de vache qui venait d’Espagne, et qu’il portait pendue en bandoulière, fut remplie de rhum: les deux litres n’ayant pu s’y loger, il but ce qui restait au fond de la seconde bouteille. Cependant, le ciel se couvrait.