—Un médecin.
—Mon Dieu! Tu es malade?
—Non. Je l'ai consulté… pour savoir si… Il m'a dit que jamais… Il m'a dit… de ne pas espérer que…
—Je t'en supplie!… Dis vite!
—Madeleine, je ne te donnerai pas d'enfants.
Elle ne répondit rien: pas un mot, pas un cri. Mais sa tête, entre mes mains, brusquement, avait tressailli comme un oiseau blessé. Puis elle ne bougea plus, et il semblait que Madeleine cessât de respirer. Pendant quelques secondes on resta sans parler, et ce fut long, long, ce silence qui dura des secondes! Maintenant, la douleur habitait cette pauvre tête, toujours tiède et toujours pareille dans le creux de mes paumes…
Madeleine, pourtant, fut la première à reprendre sa force.
—Mon aimé, dit-elle, n'est-ce donc que cela? Ne pleure plus. Nous n'aurons pas d'enfants? Mais je t'ai, n'est-ce pas, et tu m'as! Je suis ton enfant, moi, n'est-ce pas, chéri? Tu me dorlotes, tu me gâtes… Est-ce que je ne te suffis pas?
Déjà ce cœur exquis essayait de consoler le mien, et, pour y mieux réussir, s'efforçait de déplacer les peines, en discutant mes regrets, afin qu'on oubliât de constater les siens.
—Tu es bonne, Madeleine. Mais ce n'est pas de moi qu'il s'agit, Madeleine. Ce n'est pas pour moi, le chagrin, c'est pour toi, qui voudrais tant avoir un tout petit à bercer dans tes bras! Pour toi, dont je fais l'âme désolée, pour toi dont la vie est déserte, et je le sais bien, et je le sais trop…