Comment je sais tout cela? Elle me l'a dit. Il lui plaisait de se confesser, et de me raconter ses idées ou ses rêves; non pas qu'elle eût besoin d'épanchement: elle révélait ses pensées intimes, parce que d'ordinaire on les cache.

J'étais d'ailleurs devenu, sur le tard, son confident, son ami, son frère d'élection: elle m'accorda ce titre, un soir, tout à coup, près d'une fenêtre ouverte, et nous eûmes, dès lors, des rendez-vous fréquents: on se retrouvait dans le bois, puisque c'est illicite, et l'on y devisait de questions transcendantes, puisque d'autres couples eussent différemment profité de la solitude. Dès le premier jour, j'avais cru devoir, par politesse, tenter quelques approches; mais Olga m'avait repoussé: «Fi! disait-elle, que c'est banal!»

On rencontra un ruisseau, et Olga, hautement retroussée, se baigna devant moi, jusqu'aux genoux.

—Que penseraient les imbéciles, dit-elle, s'ils nous voyaient?

Alors je m'enflammai tout de bon, et la coquette fit de son mieux pour me troubler davantage.

Mais, dès le premier geste, elle m'accabla de dédains:

—Oh! cher, vous m'attristez! Moi qui vous espérais différent des autres!

Le souvenir de ce que j'avais entrevu m'obséda durant quatre nuits, et, la saison aidant, je devins amoureux. Quand elle le sut, elle éclata de rire:

—Est-il possible? Je ne suis pas une de ces femmes que l'on aime!

—Vous?