—L'oiseau chantera.

Mais elle ne chantait pas.

Si j'avais dit:

—Je veux te serrer sur mon cœur.

Elle répliquait:

—Le cœur bat.

—Montre-moi ton bras nu.

—Les bras embrassent.

Toujours ainsi. Jamais elle n'accorda ce que je demandais, quoi que ce fût: on eût dit qu'elle feignait de ne pas m'entendre. Peut-être m'accusait-elle aussi de la même incompréhension, car souvent elle m'interpella par une phrase ou par un signe auxquels je ne savais quoi répondre. Jouait-elle à me proposer des énigmes? Il lui arriva maintes fois de me présenter un objet quelconque, en m'interrogeant du geste; elle me montra ainsi un portrait, son mouchoir, une carafe, mille choses: devant mon indécision hébétée, elle riait, tournait sur ses talons et ne s'occupait plus de moi. Un jour, pourtant, elle manifesta un dépit très vif et se mit à froisser, jeter, briser tout ce qui lui tombait sous la main. J'étais profondément désolé de la voir irritée de la sorte, et je m'efforçais de comprendre son idée, la cause de son courroux; mais je n'y réussissais pas, et je m'en affectais comme d'un malentendu dont j'étais, moi seul, responsable.

Nier qu'elle fût un peu étrange, je ne le pouvais, et cependant je n'étais pas intrigué par ces bizarreries. Je les attribuais à notre situation fausse, à l'impossibilité d'un rapprochement que nous désirions tous les deux, à ce besoin d'un bonheur plus complet, dont le manque, peu à peu, commençait à me tracasser moi-même. Loin de mal juger son caractère, je me disais simplement: