—Rœschen…
Elle se leva et se mit à rire. Elle me parut très grande. Ses beaux seins gonflaient sa chemise, qui, depuis leurs pointes, pendait toute droite. Ses pieds étaient nus. Je m'élançai vers elle et je la pris dans mes bras. Pour la première fois de ma vie, une poitrine de femme fut contre ma poitrine, et je la sentais s'écraser sur mon cœur. La grosse natte de cheveux blonds se trouva juste sous mon baiser, et j'y mordis à pleines dents.
La bien-aimée, entre mes bras, ne bougeait point. Je pensai qu'elle s'abandonnait; mais elle posa tranquillement ses deux mains sur mes deux épaules et se mit à me repousser avec une force lente, irrésistible, qui m'étonna de la part d'une femme.
Alors, dégagée, elle me demanda:
—Avez-vous accroché la barque?
Je crus avoir mal compris et que mes connaissances de la langue allemande allaient être insuffisantes pour le dialogue. D'ailleurs, sans attendre ma réponse, Rœschen se dirigea vers la fenêtre, qu'elle ferma, et dit:
—Le cadenas.
Le loquet de la croisée était en effet muni d'un fort cadenas à lettres mobiles, qu'elle fit jouer, et je vis ses petits doigts qui nous emprisonnaient.
—Ne ferme pas! Si l'on venait…
Elle répondit: