Un autre projet l'amenait, en même temps, chez la veuve de son ami.

Madame Permon, mère de la future duchesse d'Abrantès, Grecque d'origine, ayant habité la Corse, était encore une fort jolie femme.

Par coquetterie, elle dissimulait son âge, et insouciante, frivole, sachant s'habiller, s'entourant, à une époque où le luxe était difficile et dangereux, de jolis bibelots du siècle de Louis XV et de meubles artistiques de cette époque délicate et sensuelle, elle apparaissait aux yeux du besogneux corse, comme la reine des grâces et des élégances.

Il la voyait parée de toutes les séductions, et cet aspect grande dame qu'elle prenait à ses yeux, qu'elle conserva toujours pour lui, cachait, à ses regards de jeune amoureux pauvre, les rides déjà visibles du visage et les lourdeurs inséparables de la maturité.

Les Permon avaient eu une assez jolie fortune. Bonaparte qui, souvent, avec Junot, Marmont et Bourrienne, venait, les jours de déficit, s'asseoir à leur table hospitalière, supposait à la veuve un avoir encore important.

Ces considérations le décidèrent à tenter une double démarche.

Après avoir laissé Elisa en tête à tête avec Laure, la fille aînée de madame Permon, il accompagna celle-ci dans un petit salon, et lui fit la proposition de marier le jeune Permon.

Et comme madame Permon s'informait avec curiosité de la personne qu'il voulait faire épouser à son fils, il répondit:

—Ma sœur Elisa!

—Mais elle est bien jeune, répondit madame Permon, et je sais que mon fils n'a présentement aucun goût pour le mariage.