—Bien, mon commandant!... je vais mettre mes vêtements civils... et j'espère que vous serez content de moi...
Puis elle cria à Lefebvre, qui se demandait quelle mission secrète le commandant pouvait bien confier à sa femme:
—François... je te retrouverai à Verdun... Ordre du commandant!... Aie bien soin d'Henriot... Que La Violette,—c'était le nom du jeune soldat désigné pour le service de la cantine,—prenne garde aux descentes... le cheval toujours au pas... et même tenu par la bride...
—On y veillera! dit Lefebvre... Mais, Catherine, sois prudente!... Si les cavaliers prussiens qui battent la campagne allaient te faire prisonnière?...
—T'es bête! Est-ce que, sous mes jupons, je n'ai pas mes deux chiens de garde! dit gaiement Catherine.
Et, soulevant sa jupe, elle fit voir à son mari les crosses de deux pistolets passés dans la ceinture qui contenait son argent.
Les volontaires, cependant, sur un signe de Beaurepaire, s'étaient alignés et se disposaient à continuer leur route.
Catherine, bravement, dévalait les pentes rapides de la gorge, au fond de laquelle était tapi le petit village de Jouy-en-Argonne.
Elle en avait atteint les premières maisons, quand par-dessus les bois, les prés, les champs, lui arriva ce chant plein d'entrain des volontaires en marche sur Verdun:
Ah! ça ira! ça ira! ça ira!