Petits comme grands sont soldats dans l'âme:
Ah! ça ira! ça ira! ça ira!
Pendant la guerre aucun ne trahira...
Ah! ça ira! ça ira! ça ira!
Et l'écho du vallon répéta: Ça ira! ça ira! rythmant l'allure martiale de ces braves enfants de la patrie courant à la victoire, en chantant, sous le drapeau de la liberté!
[VII]
L'ABANDONNÉE
Herminie de Beaurepaire se trouvait dans une vaste pièce de l'hôtel de Blécourt, à Verdun, transformée en oratoire, sous les inspirations de sa tante, fort bigote, madame de Blécourt.
Deux prie-Dieu et un petit autel improvisé, sur lequel une Vierge Marie, tenant l'Enfant Jésus dans ses bras, étalait sa robe bleue et sa couronne de bois doré, avec des candélabres et deux vases de fleurs, composaient l'ornement de ce salon, devenu chapelle depuis la suppression des ordres religieux. La pieuse tante entendait qu'Herminie continuât à se préparer à la vie monastique, à laquelle elle avait été destinée, en attendant la réouverture des couvents.
Quand Lowendaal parut sur le seuil de l'oratoire, mademoiselle de Beaurepaire poussa un cri, fit un bond de surprise, puis s'arrêta, le regardant, indécise, hésitante, intimidée, attendant un mot, un geste, un élan, un mouvement des lèvres, un cri du cœur.
Le baron demeurait froid, légèrement embarrassé, pinçant la bouche et n'osant parler.