Plusieurs de ces poltrons n'auraient pas été fâchés d'assister à une protestation courageuse, ne fût-ce que pour la forme, afin de sauvegarder les apparences de l'honneur.
Mais nul n'éleva la voix. Personne n'osait paraître appeler sur Verdun la colère des Allemands.
Neipperg demeurait immobile, baissant les yeux.
Il s'indignait intérieurement de la couardise de ces marchands qui préféraient la honte et le démembrement de la patrie à une résistance, où leurs maisons auraient à subir les obus.
En lui-même il pensait que ce n'étaient point là les Français du 10 août, contre lesquels il s'était battu, et qui avaient si furieusement emporté d'assaut le château des Tuileries.
Il n'avait plus que de l'admiration pour ces patriotes qui l'avaient blessé. Les cœurs de soldat ne gardent pas de rancune après la bataille. Mais la peur de ces bourgeois lui faisait mal et leur silence honteux l'écœurait...
Il avait besoin de sortir, de respirer, de ne plus avoir sous les yeux le spectacle de cette lâcheté collective.
Il lui semblait que sa blessure s'envenimait au contact de ces trembleurs, qui étaient aussi des traîtres.
Il se leva et dit froidement:
—Vous avez entendu, messieurs, la communication du général en chef, que dois-je rapporter comme réponse à M. le duc de Brunswick?...