Les notables frémirent. Plusieurs se glissèrent dehors, inquiets pour leurs demeures, car à cette furieuse canonnade les Prussiens et les Autrichiens allaient certainement répondre par une pluie d'obus.

—Parbleu! voilà un brave homme! se dit Neipperg en regardant la franche physionomie de Beaurepaire. Sa vue console de tout ce spectacle honteux!...

Et s'avançant vers lui poliment, il lui dit:

—Commandant, je ne dois pas vous laisser ignorer qui je suis... le comte de Neipperg, aide de camp du général Clerfayt...

—Vous êtes en civil? dit Beaurepaire défiant, regardant celui qui se présentait ainsi à lui.

—Je ne suis pas venu en parlementaire, commandant, mais simplement chargé de remettre à la municipalité de Verdun et au conseil de défense une note officieuse du généralissime.

—Une sommation d'avoir à rendre la place sans doute?

—Vous l'avez dit.

—Et qu'a-t-on répondu ici?...

Beaurepaire jeta un regard accusateur sur les notables et sur les magistrats municipaux, qui baissèrent les yeux et détournèrent la tête.