—Plus que jamais... Ce bombardement était nécessaire, je vous l'ai dit... les habitants n'étaient pas suffisamment impressionnés... Mon domestique, le fidèle Léonard, avait eu beau griser des artisans, des bourgeois, et leur raconter mille balivernes selon mes instructions, ils n'étaient pas encore persuadés... ils n'acceptaient qu'avec hésitation la capitulation... Demain matin, ils la réclameront tous!...

—Vous nous redonnez confiance!...

—Je vous dis, monsieur le président, que l'on viendra vous obliger à signer la capitulation... vous aurez la main forcée!...

—Le ciel vous entende! soupira le président; mais voici l'envoyé du duc de Brunswick retourné à son quartier général... Quand le revoir? Comment le faire revenir... il a gardé le projet de capitulation...

—Il suffit que quelqu'un de sûr aille au camp autrichien et lui porte le double que vous avez conservé... avec l'assurance que demain le généralissime trouvera les portes ouvertes...

—Mais qui charger d'une telle mission?

—Moi! dit Lowendaal.

—Ah! vous nous sauvez!... s'écria le président qui, se levant, dans un élan de joie, lui donna l'accolade comme il l'eût fait pour un messager annonçant une victoire.

[XI]
LA MISSION DE LÉONARD

Quelques instants après, Lowendaal, muni du double du projet de capitulation, quittait l'hôtel de ville. Il retrouva sur la place Léonard qui l'attendait.