Madame de Blécourt s'était cassé la jambe, en sautant de son balcon dans la rue. Elle mourut peu de jours après.
Herminie, dont la raison n'était pas revenue, fut emmenée chez un parent qui s'offrit à la garder, à la soigner.
Le corps de Beaurepaire fut transporté à l'hôtel de ville.
Là, le président et le procureur-syndic déclarèrent que le commandant s'était suicidé pour ne pas signer la capitulation de Verdun.
Cette intention avait été, disait-on, manifestée à haute voix par Beaurepaire, la veille, lorsqu'on délibérait sur les conditions de la reddition de la ville.
Plusieurs témoins en déposèrent, et la nouvelle de la mort héroïque du commandant, ne voulant pas assister vivant à la reddition de la ville qu'il avait charge de défendre, propagée par les traîtres qui l'avaient fait assassiner, fut acceptée par les patriotes.
De grands honneurs funèbres furent par la suite décernés à la mémoire de l'héroïque Beaurepaire. La Convention accueillit l'explication d'un suicide exemplaire et glorieux.
Les lâches qui avaient poussé à l'assassinat de Beaurepaire, accompli par Léonard, ouvrirent le lendemain la porte de leur ville aux armées autrichiennes et prussiennes, en vertu du traité de capitulation que Lowendaal avait porté au quartier général du duc de Brunswick.
Le roi de Prusse fit une entrée triomphale dans Verdun.
Tous les riches bourgeois l'acclamèrent. Le président Ternaux lui offrit un banquet à l'hôtel de ville, et le procureur-syndic Gossin, au dessert, le compara à Alexandre le Grand prenant possession de Babylone.