Joseph fit la cour à Julie et bientôt elle devint sa femme.
Bonaparte, toujours préoccupé de projets matrimoniaux, enviait le bonheur de Joseph.
Il jeta les yeux sur Désirée et se déclara à plusieurs reprises, comme prétendant sérieux.
Mais il fut éconduit poliment, doucement, éconduit quand même.
Le futur vainqueur préludait à ses triomphes de toute sorte par deux échecs féminins successifs.
Désirée, pas plus que madame Permon, ne semblait tentée par sa mine chétive et son avenir problématique.
Il se montra longtemps dépité du refus de Désirée Clary.
La ténacité avec laquelle il l'avait poursuivie ne fit qu'accroître son irritation. Le désir de prendre une éclatante revanche conjugale de cette petite sotte qui avait dédaigné celui qui, par la suite, était appelé à choisir parmi tout un gracieux étalage de princesses et d'archiduchesses, contribua pour beaucoup à le jeter bientôt dans les bras de la veuve Beauharnais, celle qui devait être un jour l'impératrice Joséphine.
Quant à Désirée Clary, sa destinée, pour être moins éblouissante, fut brillante cependant. Elle épousa, en effet, Bernadotte, et nous la retrouverons reine de Suède.
Telle était donc la situation de Bonaparte au moment où Lefebvre et sa femme, dans les bataillons de l'armée du Nord, marchaient vers le village immortel de Jemmapes.