—C'est dommage! C'était un bon garçon, quoique poltron! On le remplacera difficilement à la cantine.

Elle se disposait à poursuivre son chemin, en tournant la houblonnière, et voulait gagner les communs du château dont elle apercevait déjà les toits, quand reparut parmi les perches à houblon, long et maigre comme elles, La Violette.

Il tenait son sabre nu à la main et en essuyait la lame dans les feuilles.

—C'est toi! fit-elle stupéfaite. D'où viens-tu? Qu'as-tu fait?

—J'ai empêché ce kaiserlick de recharger son fusil comme il en avait l'intention, dit tranquillement La Violette en remettant son sabre au fourreau.

—Où est-il? demanda Catherine.

—Là... dans les houblons!...

—Il est mort?...

—Je crois que oui... Quant à l'autre, il a eu de la chance d'avoir affaire à un poltron comme moi... sans cela je l'aurais attrapé à la course... Car je cours bien, m'ame Lefebvre!... Mais j'avais ça qui me gênait, ajouta l'aide-cantinier, en montrant l'objet rond qu'il portait sur le dos...

—Qu'est-ce donc?...