—La caisse de Guillaumet, le tapin... Je la lui ai empruntée...

—Pourquoi faire?...

—Ça peut servir, des fois... Et puis, ça me va mieux que le fusil, le tambour. Oh! que j'aurais été tapin avec plaisir... mais y a pas mèche!... j'suis trop grand, m'ame Lefebvre. A présent, dites donc, si on poussait un peu les cailloux?... L'Autrichien que j'ai désarmé va donner l'alarme et il pourrait nous tomber pas mal de ces habits blancs sur le dos... Ce n'est pas pour moi que je dis cela!...

—Tu n'as donc plus peur?...

—La nuit, jamais!... je vous l'ai dit... Marchons, m'ame Lefebvre!

—La Violette, tu es un brave!...

—Ne vous moquez pas de moi, m'ame Lefebvre!... je sais bien que je ne suis qu'un poltron et je sais aussi que je vous aime si tellement si fort!...

—La Violette... je te défends de parler comme ça...

—C'est bon!... on s'taira... mais, avançons!... avançons!... à présent que le terrain est déblayé...

Catherine regarda avec une nouvelle surprise son aide-cantinier. Il se révélait à elle sous un aspect fort inattendu. La Violette ne bronchait pas sous le feu! La Violette se précipitait le sabre à la main sur deux Autrichiens en embuscade! on lui avait changé son aide de cantine!...