Elle eut un instant la pensée de le renvoyer au camp, mais le voyant si aguerri, si martial, elle craignit de lui faire de la peine. Et puis, à deux on pouvait mieux se tirer d'affaire.

—La Violette, lui dit-elle avec une voix plus douce, plus amicale, je dois te prévenir que là où je vais il y a du danger... beaucoup de danger... Tu persistes à vouloir m'accompagner?

—Je vous suivrai dans le feu, m'ame Lefebvre!...

—Eh bien! commence par m'accompagner dans l'eau, car il faut franchir le ruisseau pour parvenir à ce château que tu vois... C'est là que je vais...

—Que nous allons!... Marchez, m'ame Lefebvre! je vous suis!...

—Bien! tais-toi!... et ouvre l'œil!...

Tous deux descendirent dans le lit du petit ruisseau la Wême, et ayant de l'eau à mi-jambes, le traversèrent...

Bientôt ils se trouvèrent devant la porte des écuries du château.

Avec précaution Catherine suivit les murs, cherchant un endroit par où pénétrer facilement dans les jardins.

Ayant aperçu une place où la muraille était en partie démolie, elle fit signe à La Violette de l'aider à grimper.