—Avec bonheur, m'ame Lefebvre, dit le naïf amoureux se courbant, tout joyeux de sentir frôler ses épaules par la robuste jambe de Catherine, qui se servait de ses reins comme d'un escabeau.
Quelques instants après, tous deux étaient dans le jardin et se dirigeaient avec prudence, en se dissimulant derrière les arbres, vers une salle du rez-de-chaussée où brillait une vive lumière.
[XVII]
LA MESSE DE MARIAGE
Le baron de Lowendaal et le marquis de Laveline, dans une entrevue décisive, avaient terminé leurs accords.
Le fermier général avait posé ses conditions: Blanche serait sa femme, cette nuit-là même, ou bien, partant immédiatement pour l'Alsace, il ferait mettre sous séquestre les biens de Laveline, sans parler d'autres mesures dont il se réservait d'user... Il pouvait perdre à tout jamais le marquis.
Celui-ci avait aussitôt témoigné de son vif désir d'avoir pour gendre le baron.
Ce n'était pas seulement l'honneur de ce mariage qui préoccupait M. de Laveline, son propre honneur était en jeu et lui faisait désirer ardemment que Blanche se montrât raisonnable et consentît à répondre aux vœux de Lowendaal.
Le baron, comme lorsqu'il avait décidé Léonard à le débarrasser de Beaurepaire, agissait par contrainte.
Il avait su engager le marquis, toujours pressé d'argent, dans une opération scandaleuse et pleine de dangers. Ami du prince de Rohan, Laveline avait trempé dans l'affaire misérable du Collier.
Il avait échappé aux poursuites, mais le baron détenait la preuve de sa participation aux manœuvres frauduleuses des instigateurs de cette vaste escroquerie, où le rôle de la reine Marie-Antoinette fut plus qu'équivoque.