L'officier qui avait voulu arrêter Catherine reparut, humilié de s'être sauvé devant une femme, désireux de prendre sa revanche.

Il se tourna vers un personnage, enveloppé dans un manteau galonné, et qui semblait un officier supérieur.

—Mon colonel, dit-il, nous allons fusiller ce soldat et cette femme...

—La femme aussi? demanda froidement celui qu'on avait désigné comme colonel.

—Ce sont deux espions... les ordres sont formels...

—Demandez-leur qui ils sont... leurs noms... ce qu'ils voulaient faire en s'introduisant ici... après nous déciderons! dit le colonel.

Catherine avait entendu:

—Je demande, fit-elle avec fermeté, qu'on nous traite en prisonniers de guerre...

—La bataille n'est pas commencée, dit l'officier.

—Si... par nous!... j'étais l'avant-garde et voici la première colonne, dit-elle en montrant La Violette. Vous n'avez pas le droit de nous fusiller, puisque nous nous rendons... Prenez garde! si vous commettez cette lâcheté, ça se saura chez les nôtres... n'attendez alors pas de grâce des voltigeurs du 13e!... Ils ne sont pas loin... ils ne tarderont pas à être ici... souvenez-vous du moulin de Valmy... Vos prisonniers paieront pour nous deux!... Mon mari, qui est capitaine, nous vengera, allez! aussi vrai que je me nomme Catherine Lefebvre...