Aussi, malgré les conseils de l'aide-major et de René, Blanche, subitement ranimée, s'était remise en route.

Elle avait refait le chemin périlleux déjà parcouru; se glissant parmi les herbes, les taillis, les ronces, enjambant les fossés, franchissant les ruisseaux, les pieds ensanglantés, la robe en loques; elle était revenue au château, espérant y retrouver, avec Lowendaal et Léonard, son enfant volé.

Elle ne savait ce qu'elle ferait, ce qu'elle dirait pour résister aux menaces de Lowendaal, aux injonctions de son père...

Mais elle se sentait forte, elle ne faillirait pas puisqu'il s'agissait d'arracher son enfant aux mains du ravisseur.

Sa joie de trouver Neipperg au château se mêlait à l'accablement où la jetait la nouvelle du départ de son père et de Lowendaal, sans qu'aucune trace de Léonard et de l'enfant eût été reconnue.

Sans doute, le scélérat avait été rejoindre, à un endroit désigné à l'avance, le baron, et lui avait remis l'enfant.

Où et comment atteindre Lowendaal, le marquis de Laveline? car personne ne savait certainement vers quel point s'était dirigé Léonard avec son précieux fardeau.

Neipperg fit connaître à Blanche que son père et le baron avaient pris la route de Bruxelles.

—Nous les rattraperons là demain, dit-il, avec une assurance qui calma un peu Blanche.

—Pourquoi ne pas nous mettre en route cette nuit même? demanda Blanche impatiente. Demain nous serions à Bruxelles...