L'ancien garde-française, le lieutenant de la milice, le capitaine de Verdun à l'armée du Nord, était devenu le général commandant la 17e division militaire, c'est-à-dire le gouverneur de Paris.
De capitaine au 13e d'infanterie légère à Jemmapes, il avait été nommé chef de bataillon, chef de demi-brigade, puis général de brigade à l'armée de la Moselle, sous les ordres de son ami Hoche.
Le 10 janvier 1794, il était promu général de division et commandait l'immortelle armée de Sambre-et-Meuse, à la mort de Hoche. A Fleurus, à Altenkirchen, il s'était comporté en héros.
Après avoir commandé l'armée du Danube, il avait été candidat au Directoire, mais écarté à raison de ses opinions très républicaines et de sa qualité de militaire.
Nommé au commandement en chef de l'armée de Paris, Lefebvre était peut-être le général dont le concours se trouvait le plus indispensable à la réussite des desseins de Bonaparte.
Il n'avait pas été averti des projets du futur maître de la France.
A minuit, ayant appris que des mouvements de troupes s'opéraient, il était monté à cheval et avait parcouru la ville.
Surpris de voir sans son ordre de la cavalerie prête à se mettre en route pour une destination inconnue, il avait interrogé sévèrement le commandant: Sébastiani. Celui-ci l'avait renvoyé à Bonaparte.
Lefebvre arrivait donc de fort méchante humeur chez le général.
Bonaparte, l'apercevant, courut à lui, les bras ouverts: