Et elle se leva vivement, les poings sur la hanche, les yeux pétillants, la langue la démangeant, prompte à l'attaque comme à la riposte.

Le sergent crut que l'action valait mieux que la parole...

Avançant les bras, il saisit la jeune fille à la taille et tenta de lui déposer un baiser sur le cou, en disant:

—Mam'zelle, voulez-vous danser la fricassée?

La gaillarde était leste. En un clin d'œil elle se dégagea, puis expédiant sa main avec vivacité dans la direction de la joue du sergent, ébahi et penaud, elle l'appliqua en disant, mais sans colère et plutôt joyeuse de sa réplique:

—Tiens, fiston, en voilà d'la fricassée!...

Le sergent recula d'un pas, se frotta la joue, devenue cerise, et portant la main à son tricorne dit galamment:

—Mam'zelle, je vous demande bien pardon!...

—Oh! il n'y a pas d'offense, mon garçon! Ça vous servira de leçon... Une autre fois vous saurez à qui vous avez affaire!... répondit la jeune fille, dont toute la colère paraissait tombée, et qui se tournait vers sa compagne en disant à mi-voix:

—Il n'est pas trop mal, ce garde!...