—Je suis Catherine Lefebvre!
—La maréchale Lefebvre, ici!... Ah! mon Dieu! est-ce que la ville est prise? dit-il avec terreur.
—Non... pas encore!... Je devance mon mari, voilà tout, pour arracher Henriot, mon fils adoptif—vous entendez bien, monsieur le comte, je dis mon fils adoptif—à la mort qui l’attend...
—Je n’y puis rien, madame la maréchale, répondit Neipperg avec embarras... le commandant Henriot s’est introduit ici, dans une ville investie, à la faveur d’un déguisement, et se servant de mon nom, à couvert sous mon pavillon... Je sais quels liens l’attachent à mademoiselle Alice... Croyez bien que si j’avais pu, j’aurais intercédé auprès du gouverneur de la ville... Mais mon intervention ne ferait que hâter son exécution... On supposerait que l’Autriche a un intérêt quelconque à préserver un officier que les apparences font considérer comme espion...
—Alors vous ne croyez pas pouvoir agir auprès des autorités prussiennes? dit la maréchale.
—Non... je ne le crois pas... je ne puis intervenir... le commandant Henriot devra subir les lois de la guerre... je le regrette vivement... si je pouvais...
—Vous pourrez! dit avec autorité la maréchale.
Neipperg eut un mouvement d’impatience.
—Voulez-vous prier ces deux dames de nous laisser seuls un instant.
—Pourquoi?... je n’ai rien de caché... toutes deux m’ont supplié... Madame la comtesse de Neipperg, touchée par les pleurs de mademoiselle Alice, m’a engagé à tenter une démarche suprême, j’ai cru devoir m’abstenir...