—Vous sauverez le commandant Henriot! reprit la maréchale. Veuillez m’écouter... je parlerai donc devant vous et devant Alice... Mais prenez garde que vous ne regrettiez de m’avoir forcée à une confidence grave... très grave...

—Madame la comtesse et vous, Alice, laissez-nous! dit le comte, impressionné par l’accent de la maréchale.

Les deux femmes sortirent; Alice, soutenue par la comtesse de Neipperg, chancelait et semblait prête à s’évanouir. La comtesse lui murmurait des paroles d’espérance.

—La maréchale Lefebvre, lui disait-elle, n’aurait pas traversé les lignes sans espoir d’arracher Henriot au supplice. Le comte de Neipperg lui avait de grandes obligations; quant à elle-même, reconnaissante envers Catherine Lefebvre, qui jadis avait été au service de son père, le marquis de Laveline, elle ferait tout pour seconder ses efforts.

Alice reprit courage, et les pleurs qui mouillaient ses beaux yeux se séchèrent un peu, tandis que la maréchale et le comte poursuivaient leur entretien.

La Violette, sur un signe de Catherine, s’était éloigné en disant:

—Je suis de planton à la porte... si madame la maréchale a besoin de moi... suffit!

Et, redressant sa haute taille, il avait paru prendre la mesure du consul général, comme pour déclarer:

—S’il bronche, je le mets dans ma poche, ce bout de cigare autrichien!...

—Eh bien! madame la maréchale, parlez, nous sommes seuls... fit Neipperg en montrant un fauteuil à Catherine.