La première effusion passée, Henriot demanda, avec un trouble subit, en se tournant vers Neipperg, qui attendait, anxieux, l’œil mouillé de larmes:
—Alors, monsieur... vous êtes mon père?...
Pour toute réponse, Neipperg s’avança, les bras ouverts...
Henriot hésita un instant, puis surmontant une timidité où il y avait peut-être de l’instinctive défiance, il embrassa celui qui se faisait ainsi connaître.
—Enfin!... notre fils est sauvé! dit la comtesse... Ma chère Alice, j’espère qu’à présent aucun obstacle ne s’opposera à cette union que votre cœur désire... Le comte et moi nous ne dérangerons rien à vos projets!...
Alice jeta un long regard reconnaissant sur madame de Neipperg et, pour cacher son trouble s’élança vers elle en murmurant:
—Que vous êtes bonne, madame!...
Neipperg alors dit à Henriot:
—Nous allons quitter un instant la comtesse et Alice, il faut nous rendre ensemble au palais du gouvernement... Je désire, mon cher fils, vous présenter officiellement au maréchal Kalkreuth... faire connaître votre qualité...
—Je suis à vos ordres, monsieur, dit Henriot s’inclinant.