Alors un grand silence se fit...

On entendait courir, dans la rue, sous les fenêtres du consulat, comme une multitude en déroute...

Les coups de feu avaient cessé tout à fait.

De grands roulements de tambour lointains se succédèrent, espacés, solennels...

Puis un nouveau silence.

—Que se passe-t-il donc aux remparts? demanda la princesse brisée d’émotion.

—Une tentative d’assaut des Français qui, sans doute, a été repoussée, dit froidement Neipperg... Songez-y, Henriot, si vous refusez de servir l’Autriche, vous serez considéré comme un hôte dangereux qu’on démasque, et soumis à toutes les lois rigoureuses de l’état de siège. Il en est temps encore, réfléchissez!

—J’ai réfléchi, et voici ma réponse, dit fièrement Henriot.

Alors, courant à la fenêtre, il l’ouvrit toute grande et cria à pleins poumons, à l’effarement des habitants de Dantzig qui s’enfuyaient par les rues.

—Vive l’Empereur!