—Ah! l’infortuné! rien désormais ne pourra le sauver! dit Neipperg, pressant sa femme dans ses bras, cherchant à la consoler.

Mais à ce cri plus que séditieux, une voix bien connue répondit tout à coup, au dehors:

—Vive l’Empereur! C’est nous, mon commandant, nous arrivons à temps, nom de nom! En avant, les amis! Le commandant est là! Par ici, je connais le chemin...

Et la silhouette gigantesque de La Violette, balançant son magnifique plumet tricolore et brandissant sa canne, apparut à la hauteur de la fenêtre, en même temps que les bonnets à poils de sept ou huit grenadiers d’Oudinot.

La Violette escalada la fenêtre en disant:

—C’est mon entrée particulière!

Les grenadiers, se faisant la courte échelle, le suivirent.

En un instant Henriot se trouvait entouré de ces braves moustachus et rébarbatifs, qui couchaient déjà en joue Neipperg, impassible, ayant repris son flegme diplomatique.

—Bas les fusils! commanda La Violette, allongeant sa canne... respect aux vaincus!... Dantzig s’est rendue... nous n’avons pas le droit de toucher à un cheveu de ses défenseurs, c’est l’ordre du maréchal!... Oh! mon commandant, vous nous en avez fait voir de belles!... ajouta La Violette, en saluant Henriot militairement; vous êtes cause qu’on a donné l’assaut deux jours plus tôt que ne le voulaient ces mâtins d’ingénieurs. Enfin c’est fini: le maréchal Kalkreuth a capitulé, et la ville reste à nous!... Vive l’Empereur!

La reddition de Dantzig, en effet, venait de s’accomplir.